Surtout ne déranger personne

En passant

Être mélancolique, cela signifie peut-être de se sentir déjà mort de son propre vivant : de là qu’elle se manifeste devant le peu de soin que l’on accorde aux mourants, de là cette haine contre les vivants oublieux, de là aussi cette asphyxie soudaine à proximité des lieux où l’on enferme les morts. Comment ne pas vouloir, au bout du compte, devenir simplement un fantôme et ne plus être capable de déranger rien ni personne sinon en hurlant dans le vent, en troublant les miroirs ? Vaut-il mieux un semblant de vie ou cette mort effective dans une vie expirante ?

Echec de réception

En passant

On nous serine tant de ne jamais oublier les horreurs du XXe siècle qu’à voir les déclarations de guerre, de haine, de mépris, d’impuissance, de bon nombre de nos représentants politiques, je finis par me demander si ces événements terribles les ont un jour véritablement atteints ? Je veux même dire concernés ? Sur qui tombent les bombes et sifflent les balles aujourd’hui ?

Devant l’aggravation des mesures d’exception, nous ne sommes plus citoyens, nous devenons civils. Ne nous reste plus qu’à savoir ce qui nous attend.

Un jour de bonheur

En passant

— Et qu’est-ce que tu veux me dire par bonne journée ?
— Je rêve de journées qui seraient pleines à craquer de moments complètement différents, d’activités dans lesquelles on s’absorberait tellement qu’on en oublierait celles qui ne manqueraient pas de venir (pourtant) et celles qui n’auraient déjà plus de souvenance. Je rêve d’heures insouciantes et inconscientes les unes des autres.
— Je sais ce qu’il me reste à te dire alors.
— Comment ça ?
— Te souhaiter bonnes nuits.