De quoi ?

En passant

On pourra discuter cent sept ans pour savoir si ce qu’on a vu ou entendu est réel mais quand, enfin, on aura répondu par l’affirmative, la question qu’alors on n’aura toujours pas lancée sera toujours celle-là : oui, peut-être, sûrement, mais la réalité de quoi ? Une grève, une baffe, un chant qui tombe des toits, c’est la réalité de quoi ?

Sur d’autres portées

Sachant à peine déchiffrer la musique notée sur partition, nous avons appris, bon an mal an, à sentir la musique selon des coordonnées particulières, à savoir les rapports entre scène et studio, son et note, artiste et public dont elle est faite et qu’elle parfait, contrefait ou défait dans son déroulement. Que nous portions une attention « verticale » à un morceau de musique, décomposant rythme et mélodie par exemple, ou que, de mémoire, un morceau se laisse entendre à l’horizon d’un autre, que l’on soit ainsi à l’écoute de différentes couches musicales ou de plus amples échos, chacun des flux de musique que nous percevons, qui nous accompagnent et nous pénètrent un temps, se découpent, s’individualisent pour nous selon ces repères. Musique de studio ou musique de scène ? C’est une note ou du bruit que j’entends ? Vers qui porte-t-elle sa voix quand elle chante ? Autant de questions le plus souvent silencieuses auxquelles on répond facilement. L’usage de tels repères n’a rien de bien compliqué. Sauf qu’il arrive et ce sont ces moments qui nous intéressent que les différences évidentes qui constituent ces repères s’amenuisent ou se troublent. Un disque live est toujours un enregistrement studio puisqu’il est gravé sur disque mais ce que je ressens est diffèrent. Quand je vois une musicienne comme P.J. Harvey produire sous mes yeux, dans un studio d’enregistrement délibérément ouvert par de larges vitres au public, son nouvel album, un trouble se produit. Dans les deux cas, le studio devient scène et bien qu’il ne parvienne jamais à l’être, leur rapport se transforme, la musique s’écoute et se ressent différemment. Ce sont ces troubles et les effets qu’il produise dans l’expérience de la musique qui m’attirent et m’amènent à en parler. Partager cette passion pour les mélanges, les fusions ou les moments d’indécision.

Déchaînements

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Exploration, à partir d’une série de photographies, du déroulement d’une émeute qui a eu lieu lors d’un concert donné par les Rolling Stones à Zurich le 14 avril 1967. L’idée est de se confronter à des images à la fois spectaculaires et confuses pour essayer de dégager les relations qui peuvent exister entre musique, politique et émotions. Partager ce que l’on voit en s’appuyant aussi bien sur ses expériences personnelles que sur des textes au contenu potentiellement transposable dans les images. S’inventer peu à peu, à force d’insistance, un nouveau regard. Jouer les araignées, se faire pousser avec les autres des dizaines d’yeux.

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