Comme une coquille vide

Me souvient seulement de l’angoisse comme peur des peurs, c’est-à-dire maximale, insoutenable, totale, sans objet. Une terreur sacrée. Me revient maintenant d’autres images beaucoup plus saisissantes que celle d’un ineffable danger : l’angoisse comme fuite, dans tous les sens, toutes les directions, de l’organisme ; mouvement centrifuge et sans retour de tous les flux, de pisse, de sueur et de paroles ; fluctuation soudaine du corps, vacillement de soi, perte de toute centralité, de tout point d’équilibre, expérience de soi hors de toute mécanique du mouvement et du repos. Le corps géométrique comme une coquille vide.

Les messagers de la vérité

En passant

Je me sépare de tous les philosophies qui s’adossent à la vérité entendue comme révélation. La seule pratique de ces philosophes tient dans le décryptage et la délivrance des messages, la militance et la prédication.

L’oubli

En passant

Les gens du pays où je vis ne savent pas de la gueule de quel monstre ils sont sortis. La seule chose qui leur fait peur est l’estomac du Léviathan qu’ils disent nourrir et qui les nourrit.