L’événement Spinoza

En passant

Tout ce qui nous frustre de trop tarder à venir, nous dit Spinoza, doit être appelé un mal. Des événements qui ne répondent pas à notre désir, au sens où ils ne nous conviennent pas, mais surtout au regard de ce qu’ils ne viennent pas, et n’émettent aucun signe, aucun message, annonçant leur venue, sont mauvais pour nous. De mon côté, je pense à la Croissance, à la Révolution, au Bonheur, à la Mort… sans parler du Christ dont je n’attendais rien et donc on sait aujourd’hui qu’on n’le reverra pas de si tôt. Alors, toi, à quoi tu penses, là, qui ne te vient pas ? Épreuve d’inconscience.

Auto-Discipline

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#1

Dans les couloirs, les salles, les boîtes crâniennes, une sirène venait de retentir. Les cloches d’hier avaient fondu dans je ne sais quel sauvage incendie du temps. Ulysse n’aurait su quoi faire. Une frénésie électrique soudaine impulsaient nos mouvements. C’était l’heure : nous courions. On ne donnait plus l’appel mais l’alarme. Une stridence… L’ordre avait enfoui le cri de ses commandements dans un signal sonore. Impulsions-réactions, excitations-réflexes, stimuli et réponses guidaient chaque soir ces petits rats intelligents vers leur issue à coup sûr au milieu des grilles et des jambes. — Pas d’inquiétude, demain les reverrait reprendre le chemin de leur cage. Punition/récompense. Depuis, je n’ai plus supporté la moindre sonnerie de téléphone.

Un premier départ

En passant

Ce n’est pas du tout le même regard qui s’exerce quand vous vous tenez au milieu de tant de singularités qu’elles vous sautent aux yeux et vous ravissent, vous émerveillent, et quand, au contraire, les singularités se font plus rares, même se cachent, au point qu’il faut aller les rechercher, les découvrir, se frayant comme on peut un passage dans l’épaisseur de cet espace désert. Une telle voie se lit aussi bien dans le parcours d’un regard que dans la trame d’un récit. Le long de cette même courbe invisible s’expérimente le premier voyage.